Le Mot du Président                                                                                       << sommaire

        Marceline-Desbordes-Valmore-poète-larmoyant : voilà une vision véhiculée pendant longtemps, encore que de ci de là, maintes personnalités du monde littéraire aient quelque peu gauchi cette image.
Au contraire, pour s’en tenir à ses amours (quatre amants, un mari), multiples dans le temps mais toujours sincères, on voit s’entremêler passion, regret, exaltation, déception, tendresse, révolte même. Et, dans ses affections diverses, sa sincérité n’est jamais en défaut.
Que ce soit pour son intimité, mais que ce soit aussi dans son ouverture au monde, pas de rhétorique préfabriquée en elle, pas de «langue de bois». Dans l’expression du sentiment comme dans la recherche du vrai, elle va au fond des choses.
Car cette dame a été, tout au long de son existence, à l’écoute de son temps. À l’écoute des humbles, de ceux, femmes, enfants, pauvres, prisonniers, bannis, handicapés, que la vie malmène.
Ce sens de l'Autre est un des fondements de l’éthique valmorienne, ou marcelinienne ; ou, je préfèrerais : «bordésienne».

        À l’heure où les –ismes fleurissent : socialisme, libéralisme, régionalisme, etc.…, reflétant des positions théoriques, voire idéologiques, la lecture de Marceline nous présente – et pas seulement dans ses poèmes – des points de vue sans a priori, plus vécus, plus humains.
On ne s’étonnera pas dès lors que, finalement, que le mot soit présent ou affleure, ce soit la liberté qui se profile à son horizon idéal : liberté d’aimer, d’agir, de croire, de vivre.
Grande «productrice» : plus de 2600 vers (autant qu’Aragon), plus de 2000 lettres ; témoin d’une époque révolue certes, mais dont les préoccupations et les convulsions sont loin d’être pour nous des choses désuètes.

        Puisse ce site naissant, peu à peu nourri et non clos dans son devenir, contribuer à conforter une re-naissance ; celle d’une poétesse, d’une prosatrice et d’une épistolaire. D’une prolétaire, d’une femme.

        Et puisse l’Association Marceline fédérer, depuis Douai son siège, tous les «fans» de la poétesse.


Marc Bertrand
Président de l’Association
Universitaire et Spécialiste de Marceline Desbordes-Valmore

<< sommaire